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Folon, l'illustrateur
Folon, poète associant la pureté des lignes à l'éclat des couleurs pour éveiller l'imagination du spectateur, réussit la rencontre entre l'image et l'écrit.
Quoi d'étonnant, dès lors, à ce qu'on lui ait proposé si souvent d'illustrer les textes d'autres grands poètes, des écrivains célèbres dans l'histoire de la littérature.
C'est d'ailleurs en tant que dessinateur qu'il débute sa carrière, avant même qu'il ne soit véritablement reconnu en tant qu'artiste, lorsqu'en 1960 les magazines américains Esquire, The New Yorker et Horizon acceptent de publier ses dessins sans même avoir rencontré l'artiste. Ce n'est qu'un début, puisque les magazines Fortune et Atlantic Monthly continuent de publier ses dessins en 1967, tandis que Time lui commande plusieurs couvertures, dont 4 seront publiées dans les années suivantes. Si toutes les ouvres littéraires qu'il a illustrées lui ressemblent beaucoup, elles furent pourtant pour l'essentiel l'objet de propositions émanant de tiers ou d'amis qui avaient su augurer de ce à quoi allait aboutir la rencontre de ses images avec les mots des plus grands auteurs. C'est ainsi, par exemple, qu'en 1973, sous l'impulsion de son ami Giorgio Soavi, il est amené à donner une apparence au héros de La Métamorphose de Kafka. Tout le talent de Folon réside dans le fait de parvenir à préserver l'humanité qui subsiste dans cet homme qui, un beau matin, se réveille sous les traits d'un insecte abject. Quant aux poèmes d'Apollinaire, c'est son ami Raymond Lévy qui l'amène à les illustrer, tout comme la nouvelle de Jorge Luis Borges, Les ruines circulaires , pour laquelle il réalise une série de 10 aquatintes. Inspirées du titre de l'oeuvre, elles représentent chacune une forme de ruine, une tête décalottée et ouverte sur une pensée ou plutôt sur un rêve. C'est encore Raymond Lévy qui parvient à le convaincre en 1979 d'illustrer les Ouvres Complètes de Jacques Prévert en sept volumes, travail auquel il s'attelle pendant un an, aboutissant à 84 aquarelles dans lesquelles il arrive de rencontrer son personnage au chapeau, partant vers d'autres aventures, comme dans Le paysage changeur (Volume I, Paroles, 1979) ou dans Voyage dans la lune (Volume VI, Soleil de nuit, 1980) par exemple. Au moment même où Folon se consacre à l'illustration de l'ouvre de Prévert, les Editions André Sauret lui proposent encore un tout autre projet : l'illustration d'une nouvelle édition de L'Automne à Pékin de Boris Vian. L'artiste apporte sa contribution au travers d'une douzaine d'illustrations caractérisées par l'utilisation d'une technique originale de collage sur aquarelle. Quant à Pluies de New York, texte que Camus avait écrit sur l'Amérique et qui n'avait encore jamais été publié, c'est l'éditeur François Bénichou qui le sollicite. En définitive, c'est près d'une vingtaine d'ouvres que Folon fut ainsi amené à illustrer. A côté de ces sollicitations extérieures, Folon ressentait lui-même le désir de travailler quelques textes. Parmi ceux-ci, on retrouve les Chroniques Martiennes de Ray Bradbury, auteur que Folon considère comme le plus grand écrivain de science-fiction et qu'il ne se lasse de relire, car il incarne, selon ses propres mots, "la rencontre impossible de Lewis Carroll et de Stanley Kubrick".
C'est aussi dans une recherche personnelle qu'il s'inspire de la Genèse pour réaliser entre 1988 et 1990 un portfolio de huit eaux-fortes et aquatintes intitulé A propos de la Création . Folon , l'amoureux de la nature, considère en effet cet écrit comme étant "le plus beau texte écologique, puisque c'est la création de toute vie".
Enfin, Folon, artiste particulièrement engagé, aime mettre son talent au service des grandes causes. Si cet aspect de son ouvre se retrouve particulièrement dans son travail d'affichiste, il n'est pourtant pas absent de son travail d'illustrateur puisqu'en 1988 il accepte, à la demande d'Amnesty International Belgique, d'illustrer la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.
A propos de son travail d'illustrateur, Folon, avec son humilité naturelle, dira : "Tous les auteurs que j'ai illustrés, je les vois comme des poètes. Mais je ne les ai pas réellement illustrés. On ne peut pas illustrer la poésie, qui n'en a pas besoin. Vous pouvez simplement inventer quelque chose qu'une poésie a révélé en vous. Quelque chose qui dise aux gens : Soyez aussi libres que moi, dans votre propre lecture". 
Liste des ouvres illustrées
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